Le 27 février 2007
Réalisé par
Tomasz Gluszynski
Direction générale de la politique sur l'apprentissage
Ressources humaines et Développement social Canada
En collaboration avec
le Ministère de l'Éducation postsecondaire,
de la Formation et du Travail et le Ministère de l'Éducation
Ce rapport est un projet conjoint réalisé en vertu d'un protocole d'entente sur la recherche conclu entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et la Direction de la politique sur l'apprentissage, Ressources humaines et Développement social Canada. Aux termes de cette entente, les deux parties entreprennent en étroite collaboration des projets de recherche mutuellement avantageux dans le domaine de l'apprentissage. Ce rapport est le premier à paraître dans le cadre de l'entente.
Tout mécanisme d'apprentissage repose sur de bonnes compétences en lecture. De plus, les compétences en lecture sont nécessaires à une participation réussie au marché du travail et au mieux-être de la société en général. Ces compétences ne s'acquièrent pas uniquement dans les milieux d'apprentissage officiels, mais également par leur application dans tous les types d'expérience de vie. En veillant à ce qu'une personne ait de bonnes compétences en lecture dès son jeune âge, on facilite sa transition vers un niveau d'apprentissage supérieur ou le marché du travail.
En 2000, le Canada a pris part au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Le projet PISA a été lancé par les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et visait à mesurer les compétences des élèves au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de la fin de la scolarité obligatoire.
Les épreuves n'étaient pas fondées sur un programme scolaire, mais représentaient plutôt des compétences supposées avoir été acquises entre la naissance et le moment de l'évaluation. Les compétences en lecture, en mathématiques et en sciences ont été évaluées chez 250 000 étudiants du monde entier, dont 30 000 Canadiens. En 2000, le principal sujet du PISA était la lecture, ce qui signifie que la lecture a été évaluée plus en détails que les mathématiques et les sciences. On avait volontairement augmenté la taille de l'échantillon canadien pour permettre des comparaisons provinciales et des estimations précises des écoles de minorité linguistique.
En 2001, on a publié un rapport national1 et un rapport international2, qui donnent le profil des résultats des élèves de 15 ans dans les trois domaines d'évaluation. À l'échelle internationale, le Canada a eu de très bons résultats au PISA en obtenant une moyenne de 534 (voir les détails sur l'attribution des points en annexe). Ainsi, le Canada se classe deuxième derrière la Finlande en lecture. Lorsqu'on analyse les résultats par province, on remarque toutefois d'importants écarts.
Le Nouveau-Brunswick est l'une des rares provinces à avoir deux systèmes scolaires parallèles au niveau secondaire : le système francophone et le système anglophone. Étant donné qu'on avait augmenté volontairement la taille de l'échantillon du Nouveau-Brunswick aux fins du PISA pour couvrir les deux systèmes, on a eu une occasion unique de comparer les compétences en lecture des élèves de chacun de ces systèmes. Le présent rapport donne un profil détaillé des compétences en lecture des élèves de 15 ans du Nouveau-Brunswick. Tout au long du rapport, on compare les compétences en lecture des élèves anglophones et francophones. Ces résultats sont également comparés avec ceux du reste du Canada.
Le présent rapport avait les objectifs suivants :
1. Établir la différence de compétences en lecture entre les élèves du système scolaire francophone et ceux du système anglophone.
2. Établir le profil des résultats en lecture par rapport aux caractéristiques personnelles de chaque élève.
3. Comparer les résultats en lecture entre les élèves de divers milieux familiaux.
4. Explorer les résultats en lecture des élèves selon les caractéristiques des différentes écoles.
En 2000, environ 2 600 élèves de 15 ans du Nouveau-Brunswick ont pris part au Programme international pour le suivi des acquis des élèves. Ces élèves ont subi les épreuves de lecture, de mathématiques et de sciences.
Sur les 10 provinces, c'est le Nouveau-Brunswick qui a enregistré le plus faible résultat moyen en lecture (502), un résultat tout de même supérieur à la moyenne de l'OCDE. Par rapport au reste du Canada (536), les élèves du Nouveau-Brunswick se sont classés un demi-niveau de compétence plus bas (voir case 1 pour obtenir les détails sur les niveaux de compétence). Les différences étaient encore plus prononcées lorsqu'on a comparé les résultats moyens enregistrés dans les écoles francophones et anglophones du Nouveau-Brunswick. En moyenne, les francophones ont obtenu un résultat de 478 (sous la moyenne de l'OCDE),et les anglophones ont eu un résultat de 513. Un deminiveau de compétence séparait les deux groupes d'élèves, et un niveau de compétence complet séparait les élèves francophones des élèves du reste du Canada.
Sexe
Aux niveaux provincial, national et international, les filles sont meilleures en lecture que les garçons. En moyenne, les filles du Nouveau-Brunswick ont obtenu 525 points, comparativement à 478 points pour les garçons – une différence de 47 points, soit deux tiers d'un niveau de compétence. La différence entre les sexes était encore plus prononcée chez les élèves francophones du Nouveau-Brunswick que chez les anglophones. En tout, 54 points séparaient les garçons et les filles du système scolaire francophone, comparativement à 44 points chez les anglophones. Bien qu'elles soient plus petites chez les élèves anglophones, les différences entre les sexes étaient grandes dans les deux groupes, soit à peu près trois quarts d'un niveau de compétence. Par contraste, les élèves de l'extérieur de la province montraient une différence entre les sexes de 33 points. Le piètre classement du Nouveau-Brunswick parmi les provinces est en grande partie attribuable aux résultats pitoyables des garçons.
Milieu rural et urbain
Au Nouveau-Brunswick, en moyenne, les élèves des milieux urbains ont obtenu 511 points à l'épreuve de lecture du PISA par rapport à 493 points pour leurs homologues des milieux ruraux. Il n'y a pas eu de différence considérable des résultats entre les élèves des milieux urbains et des milieux ruraux du système scolaire anglophone du Nouveau-Brunswick. Toutefois, chez les francophones, le résultat moyen des élèves des milieux urbains a été supérieur de 28 points à celui des élèves des milieux ruraux. On a également observé une importante différence entre les résultats des élèves des milieux urbains et ruraux ailleurs qu'au Nouveau-Brunswick (539 et 525 points respectivement).
Sentiment d'appartenance à l'école
Nous nous sommes servis des renseignements recueillis auprès des élèves sur leur perception quant à leur appartenance à l'école et aux opinions qu'avaient les autres élèves à leur sujet pour bâtir un indice du sentiment d'appartenance à l'école. Les résultats élevés selon cet indice reflétaient une perception davantage positive de l'appartenance à l'école. Les résultats moyens en lecture des quartiles représentés dans cet indice ont également fait l'objet d'une comparaison.
On a observé des différences considérables entre les résultats des élèves du plus faible et du meilleur quartile au Nouveau-Brunswick, de même que pour les élèves de l'extérieur de la province. Bien que les élèves du plus faible quartile en vertu de cet indice aient obtenu les moins bons résultats en lecture, ce sont les élèves du deuxième et du troisième quartiles, et non ceux du meilleur quartile, qui ont obtenu la meilleure moyenne. Cela signifie qu'un niveau moyen d'appartenance à l'école suffit pour qu'un élève obtienne des résultats élevés en lecture.
Les élèves francophones du Nouveau-Brunswick sont ceux qui ont le plus tiré parti de leur fort sentiment d'appartenance à l'école dans leurs résultats en lecture. Plus de 46 points séparaient ceux du meilleur et du pire quartiles en vertu de l'indice. Aucune différence importante dans les résultats en lecture n'avait été observée chez les anglophones d'un quartile à l'autre.
Type de famille
Les élèves de 15 ans du Nouveau-Brunswick issus d'une famille nucléaire ont obtenu en moyenne 511 points, comparativement à 493 points pour les élèves des autres types de familles (une différence de 23 points). Chez les anglophones du Nouveau-Brunswick, les élèves issus d'une famille nucléaire ont inscrit un avantage de 24 points. Pour ce qui est des élèves francophones, la différence a été de 28 points en faveur des élèves issus d'une famille nucléaire. Dans le reste du Canada, en moyenne, les élèves issus d'une famille nucléaire ont inscrit 541 points, comparativement à 523 points pour ceux des autres types de familles, une différence de 18 points. Lorsqu'on ne tient pas compte du type de famille, les élèves francophones se sont classés bien en deçà de la moyenne de l'OCDE.
Nombre de frères et soeurs
Le nombre de frères et soeurs que les élèves du Nouveau-Brunswick avaient et qui habitaient sous le même toit qu'eux n'a pas entraîné de différence considérable de leurs résultats en lecture. Bien que l'on ait observé des résultats légèrement plus élevés chez les élèves qui étaient enfants uniques ou qui avaient un frère ou une soeur sous le même toit qu'eux (508), cette différence avec leurs homologues des grands ménages n'était pas significative (498). Cela est également vrai chez les élèves francophones et anglophones du Nouveau-Brunswick. Dans le reste du Canada, les élèves issus de petits ménages ont obtenu 12 points de plus que les élèves issus d'une grande famille.
Situation socioéconomique
La situation socioéconomique de la famille d'un élève se mesure de différentes façons. Les méthodes de calcul sont l'utilisation du revenu des parents, la scolarité des parents, ou les deux. La méthode employée pour la présente analyse se fondait à la fois sur le revenu et sur la scolarité, ainsi que bien d'autres types de renseignements liés aux avoirs familiaux. Les élèves étaient ensuite séparés en quartiles selon leur situation socioéconomique, et les résultats moyens en lecture de ces quatre groupes faisaient l'objet d'une comparaison.
Les élèves du Nouveau-Brunswick du plus faible quartile (1er quartile) de SSE ont obtenu un résultat moyen en lecture de 457 points, comparativement à 542 points pour les élèves du quartile le plus élevé. Il s'agit d'une différence de 85 points qui représente beaucoup plus qu'un niveau de compétence. Environ 80 points séparaient les élèves des quartiles de SSE équivalents entre les francophones et les anglophones de la province. La même différence a été observée chez les élèves du reste du Canada.
Si les élèves anglophones du deuxième quartile ont obtenu un résultat supérieur à la moyenne de l'OCDE, seuls les élèves francophones du quatrième quartile ont réussi à faire de même. Cela indique que les élèves de SSE pauvres qui fréquentent les écoles anglaises ont mieux réussi que les élèves des écoles françaises qui sont dans la même situation.
Activités culturelles
Les élèves qui ont participé au PISA ont donné des renseignements sur leur participation à des activités culturelles, notamment la fréquence à laquelle ils assistent à une pièce de théâtre, à un numéro d'opéra, à un spectacle de ballet et à laquelle ils visitent un musée. À partir de ces réponses, nous avons créé un indice des activités culturelles. Un résultat élevé à cet indice signifiait une fréquence de participation élevée à ces activités. On a par la suite comparé les résultats moyens en lecture des élèves de chacun des quartiles de cet indice.
Les élèves du Nouveau-Brunswick qui se sont classés dans le plus faible quartile de cet indice (1er quartile) ont obtenu un résultat moyen en lecture de 472, comparativement à 532 pour les élèves du quartile le plus élevé en vertu de cet indice, ce qui représente une différence de 60 points. La différence des résultats en lecture parmi les élèves anglophones de la province était de 71 points, soit un niveau de compétence. Une différence beaucoup moindre de 42 points a été observée entre le meilleur et le pire quartiles d'élèves francophones. Bien que la différence soit beaucoup moindre chez les francophones, le résultat moyen des élèves du quartile le plus élevé a été de 498 points, comparativement à 548 points pour les élèves anglophones du quartile le plus élevé (une différence de 50 points). Comme dans le reste du Canada, la différence des résultats moyens enregistrés au Nouveau-Brunswick entre le quartile le plus faible et le plus fort selon l'indice des activités culturelles a été de 67 points.
Par ailleurs, les élèves francophones du quatrième quartile bénéficiaient moins de leur participation à des activités culturelles que les anglophones dans leurs résultats en lecture.
Aide familiale aux études
À partir de renseignements recueillis auprès des élèves participants, nous avons élaboré un indice d'aide familiale aux études pour montrer le niveau de participation des parents à la scolarisation des élèves. Cet indice mesure la fréquence à laquelle divers membres d'une famille aident l'élève à faire ses devoirs. Une aide familiale fréquente s'est traduite par des résultats élevés selon l'indice. Nous avons ensuite analysé les résultats moyens en lecture des élèves divisés en quartiles en vertu de l'indice.
En général, au Nouveau-Brunswick, on n'a pas remarqué de différence considérable des résultats en lecture d'un quartile à l'autre. On a tiré les mêmes conclusions chez les élèves francophones et anglophones du Nouveau-Brunswick. Un désavantage très léger et non significatif a été observé dans tous les groupes analysés qui faisaient partie du meilleur quartile en vertu de l'indice. Cela était aussi vrai pour les élèves de l'extérieur du Nouveau-Brunswick. Il se pourrait que cela s'explique par le fait que les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage déclarent une plus grande participation des membres de leur famille à leur scolarisation.
Communication sociale avec les parents
En nous appuyant sur des renseignements sur la fréquence de communication des élèves avec leurs parents dans diverses situations, nous avons pu élaborer un indice de communication sociale avec les parents. Nous avons calculé les résultats moyens en lecture pour des quartiles d'élèves selon leur classement dans l'indice. On a observé des différences significatives entre les résultats moyens en lecture au Nouveau-Brunswick et dans le reste du Canada. Les élèves de l'ensemble du Nouveau-Brunswick et les élèves anglophones du Nouveau-Brunswick ayant déclaré le moins de communication sociale avec leurs parents ont en moyenne obtenu respectivement 36 et 37 points de moins. Chez les francophones, cette différence était moindre (20 points). Par contraste, ailleurs au Canada, 41 points séparaient les élèves du premier et du dernier quartiles en vertu de l'indice.
Ressources éducatives en milieu scolaire
Les directeurs des écoles que fréquentaient les élèves qui ont pris part au PISA ont également rempli des questionnaires où on leur demandait des renseignements sur les écoles. Parmi les renseignements recueillis, on a mesuré la perception des directeurs sur la mesure dans laquelle le manque de ressources éducatives en milieu scolaire nuisait à l'apprentissage des élèves. La liste des ressources éducatives comprenait le matériel de laboratoire pour les sciences, les installations d'arts plastiques, les ressources multimédias et les bibliothèques. À partir de ces renseignements, nous avons créé un indice de ressources éducatives en milieu scolaire puis procédé à une comparaison des résultats moyens en lecture des élèves de chacun des quartiles de cet indice.
De façon générale, au Nouveau-Brunswick, les élèves des écoles offrant le plus haut niveau de ressources éducatives ont inscrit en moyenne 506 points, comparativement à une moyenne de 488 points pour les élèves qui fréquentaient les écoles offrant le moins de ressources éducatives. On n'a pas remarqué de différence significative entre les résultats en lecture des élèves francophones et anglophones de la province. Il en est de même pour les élèves du reste du Canada.
Ressources matérielles des écoles
Les directeurs d'école ont également donné de l'information sur la mesure dans laquelle le manque de ressources matérielles dans les écoles avait un effet sur l'apprentissage des élèves. Les ressources matérielles des écoles désignaient l'état des bâtiments, le chauffage et la climatisation, et les salles de cours. À l'aide de ces renseignements, on a créé un indice des ressources matérielles des écoles puis procédé à une comparaison des résultats moyens en lecture entre les différents quartiles de cet indice.
Seuls les élèves fréquentant les écoles anglaises du Nouveau-Brunswick ont montré une différence des résultats en lecture entre les écoles les mieux équipées et les moins équipées – une différence de 22 points. On n'a pas observé de différence significative chez les élèves francophones ni chez les élèves des autres provinces.
Nombre d'ordinateurs par élève
Le nombre d'ordinateurs offerts aux élèves qui fréquentent une école est mesuré selon le nombre d'ordinateurs par élève. Ces données ont été recueillies auprès des directeurs d'école qui avaient une bonne connaissance du nombre total d'ordinateurs et du nombre total d'élèves dans leur école.
Les résultats moyens en lecture des élèves du Nouveau-Brunswick n'ont pas ressenti d'effet de l'accessibilité des ordinateurs à l'école. Cela est également vrai pour les élèves anglophones et francophones du Nouveau-Brunswick et pour ceux du reste du Canada.
Taille des écoles
On a également demandé aux directeurs d'école de nous renseigner sur la taille des établissements. Le résultat moyen en lecture des élèves des plus grandes écoles du Nouveau-Brunswick a été de 514 et celui des petites écoles 489, une différence de 25 points. Toutefois, on n'a pas remarqué de différence significative des résultats entre les anglophones et les francophones du Nouveau-Brunswick. Chez les élèves du reste du Canada, le résultat moyen en lecture des élèves de la plus petite école a été inférieur de 31 points à celui des plus grandes écoles, ce qui représente une différence d'un demi-niveau de compétence.
Relations élèves-professeurs
Les élèves qui ont pris part au PISA ont dû répondre à une série de questions sur les relations qu'ils entretenaient avec leurs professeurs. On cherchait notamment à savoir s'ils s'entendaient bien avec les professeurs, si les professeurs se souciaient de leur bien-être, si les professeurs écoutaient ce qu'ils avaient à dire, et si les professeurs leur offraient de l'aide supplémentaire et un traitement équitable. Nous nous sommes servis de ces renseignements pour créer un indice des relations élèves-professeurs. Les élèves ont été séparés en quatre groupes en vertu de cet indice, et on a comparé leurs résultats moyens en lecture.
De façon globale, au Nouveau-Brunswick, les élèves qui entretenaient des relations positives avec leurs professeurs ont obtenu en moyenne 513 points en lecture, comparativement à 470 points pour ceux qui avaient les relations les moins positives, ce qui représente plus d'un demi-niveau de compétence. La différence était encore plus grande chez les élèves anglophones de la province, la différence entre les deux groupes étant de 51 points. On n'a toutefois pas observé de différence significative chez les élèves francophones, et chez les élèves du reste du Canada, la différence a été de 38 points.
Pression des professeurs
Le PISA demandait aux élèves à quelle fréquence leurs professeurs leur demandaient de travailler plus fort ou leur disaient qu'ils pouvaient faire mieux, qu'ils n'aimaient pas le travail fait à moitié et qu'ils en avaient beaucoup à apprendre. Nous avons combiné les résultats pour créer un indice de pression des professeurs. Nous avons ensuite comparé les résultats moyens en lecture des quartiles tirés de cet indice.
De façon générale, pour les élèves anglophones et l'ensemble des élèves du Nouveau-Brunswick, on n'a pas remarqué de différence significative des résultats en lecture entre les quatre groupes. Toutefois, chez les francophones, un plus haut niveau de pression des professeurs se traduisait par de plus faibles résultats moyens en lecture. Les élèves qui subissent le moins de pression de la part de leurs professeurs ont obtenu en moyenne un résultat de 494, comparativement à 438 pour ceux dont les professeurs leur mettaient beaucoup de pression. Il s'agit d'une différence de près d'un tiers d'un niveau de compétence. On a observé un phénomène semblable chez les élèves du reste du Canada, bien que la différence à l'échelle nationale n'eût été que de 19 points.
En 2000, environ 2 600 élèves de 15 ans du Nouveau-Brunswick ont pris part au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Ce programme visait à évaluer les compétences en lecture des jeunes, c'est-à-dire les compétences qu'ils devaient avoir acquises de la naissance au moment de l'évaluation. Ainsi, il ne s'agit pas d'une évaluation fondée sur un programme scolaire.
Bien qu'à l'échelle nationale, le Canada ait bien réussi à l'épreuve de lecture, les élèves du Nouveau-Brunswick ont obtenu des résultats beaucoup plus faibles que ceux de leurs homologues des autres provinces. Le présent rapport donne un aperçu des résultats en lecture des élèves du Nouveau-Brunswick. Pour ce faire, nous nous sommes concentrés sur les caractéristiques personnelles, familiales et scolaires des élèves de 15 ans.
Les résultats montrent au fil des analyses que les élèves du système scolaire francophone sont particulièrement désavantagés en lecture. Les groupes les plus désavantagés en lecture sont les garçons francophones, les élèves francophones des régions rurales, et les élèves francophones qui vivent avec deux frères et soeurs ou plus.
Par rapport aux caractéristiques personnelles et familiales, les caractéristiques des écoles ne se sont pas révélées très significatives quant aux compétences en lecture des élèves du Nouveau-Brunswick. Il en a été de même pour le reste du Canada.
Attribution des points selon le PISA
L'Organisation de coopération et de développement économiques a rajusté les résultats aux épreuves du PISA pour que la moyenne internationale soit de 500. De plus, l'évaluation avait été conçue de façon à ce qu'une différence de 70 points représente un niveau de compétence, pour qu'on puisse partir du principe que les élèves qui se classent à différents niveaux aient différentes compétences dans le domaine d'évaluation. La complexité de chaque niveau de compétence est illustrée dans les exemples ci-dessous.
Niveau 1 (résultat variant de 335 à 407)
On a présenté aux élèves un avis d'une direction du personnel qui annonçait un service visant à faciliter la mobilité professionnelle. Ils devaient repérer un seul élément d'information énoncé explicitement – sur la façon d'en savoir davantage sur le service – et signalé dans le texte par une rubrique qui correspondait aux termes utilisés dans la question.
Niveau 2 (résultat variant de 408 à 480)
On a demandé aux élèves d'expliquer comment vérifier si un siège de bicyclette est dans la bonne position en repérant deux éléments d'information connexes dans un manuel de montage. L'endroit où se trouvaient les renseignements pertinents était clairement énoncé dans la question.
Niveau 3 (résultat variant de 481 à 552)
Dans l'indicateur complexe d'une ligne aérienne internationale, renfermant une foule de renseignements distracteurs bien en évidence, les élèves devaient trouver un élément d'information unique répondant à trois conditions – l'heure, la destination et la ville de correspondance. Pour se renseigner sur l'une des questions, le lecteur devait se reporter à une liste d'abréviations.
Niveau 4 (résultat variant de 553 à 626)
En lisant un extrait relativement long et dense d'une pièce de théâtre, les élèves devaient, à partir d'éléments d'information contenus dans une indication de mise en scène, indiquer les places de deux comédiens sur un diagramme de la scène.
Niveau 5 (résultat supérieur à 626)
On a remis aux élèves une notice d'utilisation complexe et peu familière sur la façon de faire un appel téléphonique depuis une chambre d'hôtel, ainsi qu'une lettre renfermant le numéro de téléphone d'un ami à l'étranger. Ils devaient repérer quatre éléments d'information, les organiser dans le bon ordre et faire les déductions nécessaires pour déterminer exactement comment composer le numéro. Source : Bussière et al (2001)
Tableau 1
| Résultat moyen |
Erreur type | |
|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 501,8 | 2,01 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 512,9 | 2,68 |
| Nouveau-Brunswick - français | 478,3 | 3,07 |
| Reste du Canada | 535,7 | 1,73 |
Tableau 2
| Résultat moyen |
Erreur type | |
|---|---|---|
| Filles - Nouveau-Brunswick | 524,6 | 2,64 |
| Garçons - Nouveau-Brunswick | 478,2 | 3,00 |
| Filles - English | 534,7 | 3,44 |
| Garçons - English | 490,6 | 3,82 |
| Filles - French | 503,5 | 3,91 |
| Garçons - French | 449,1 | 4,63 |
| Filles - reste du Canada | 552,3 | 1,89 |
| Garçons - reste du Canada | 519,1 | 2,02 |
Tableau 3
| Résultat moyen |
Erreur type | |
|---|---|---|
| Élèves des milieux urbains | 510,8 | 3,12 |
| Élèves des milieux ruraux | 492,6 | 2,81 |
| Urbain - anglais | 516,1 | 3,76 |
| Ruraux - anglais | 508,7 | 3,73 |
| Urbain - français | 494,6 | 5,45 |
| Ruraux - français | 466,3 | 4,24 |
| Urbain - reste du Canada | 538,7 | 2,10 |
| Ruraux - reste du Canada | 524,7 | 2,04 |
Tableau 4
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 489,7 | 5,04 | 512,5 | 4,83 | 503,9 | 4,97 | 504,2 | 3,33 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 507,6 | 6,43 | 522,5 | 5,41 | 522,9 | 8,79 | 508,6 | 4,63 |
| Nouveau-Brunswick - français | 451,7 | 7,07 | 470,1 | 6,32 | 491,9 | 7,71 | 498,1 | 5,57 |
| Reste du Canada | 522,7 | 2,96 | 539,4 | 2,23 | 540,7 | 2,28 | 536,5 | 2,23 |
Tableau 5
| Résultat moyen |
Erreur type | |
|---|---|---|
| Famille nucléaire | 508,7 | 2,30 |
| Autre type de famille | 485,8 | 4,06 |
| Famille nucléaire - anglais | 520,4 | 2,96 |
| Autre type de famille - anglais | 495,7 | 5,06 |
| Famille nucléaire - français | 485,0 | 3,32 |
| Autre type de famille - français | 456,9 | 7,07 |
| Famille nucléaire - reste du Canada | 541,3 | 1,68 |
| Autre type de famille - reste du Canada | 522,6 | 2,51 |
Tableau 6
| Résultat moyen |
Erreur type | |
|---|---|---|
| 0-1 sibling | 507,8 | 2,88 |
| 2+ siblings | 498,0 | 2,92 |
| 0-1 sibling - anglais | 521,5 | 3,95 |
| 2+ siblings - anglais | 507,4 | 3,55 |
| 0-1 sibling - français | 484,7 | 4,04 |
| 2+ siblings - français | 470,4 | 4,97 |
| 0-1 sibling - reste du Canada | 542,5 | 1,88 |
| 2+ siblings - reste du Canada | 530,3 | 2,24 |
Tableau 7
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 457,2 | 4,11 | 481,3 | 5,17 | 510,8 | 3,31 | 542,1 | 4,20 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 467,2 | 5,62 | 507,9 | 5,08 | 524,3 | 4,87 | 548,1 | 5,58 |
| Nouveau-Brunswick - français | 440,1 | 6,39 | 467,0 | 6,29 | 486,0 | 5,74 | 522,6 | 4,73 |
| Reste du Canada | 491,6 | 3,18 | 525,1 | 2,19 | 545,6 | 1,93 | 571,3 | 1,98 |
Tableau 8
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 427,1 | 4,74 | 489,1 | 4,14 | 512,4 | 6,26 | 532,3 | 4,90 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 477,4 | 5,80 | 499,4 | 5,29 | 527,7 | 7,77 | 548,2 | 6,09 |
| Nouveau-Brunswick - français | 456,6 | 7,37 | 468,4 | 6,22 | 495,0 | 4,87 | 498,5 | 7,38 |
| Reste du Canada | 499,3 | 3,03 | 521,5 | 2,32 | 541,0 | 2,77 | 566,5 | 2,39 |
Tableau 9
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 505,8 | 4,52 | 505,7 | 5,82 | 503,8 | 3,65 | 492,6 | 3,91 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 512,6 | 5,27 | 510,8 | 7,19 | 516,0 | 5,03 | 508,5 | 5,45 |
| Nouveau-Brunswick - français | 484,2 | 7,00 | 484,2 | 6,49 | 484,7 | 6,68 | 462,0 | 6,55 |
| Reste du Canada | 540,4 | 2,53 | 548,0 | 2,41 | 537,8 | 2,15 | 523,7 | 2,47 |
Tableau 10
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 480,6 | 4,92 | 500,0 | 5,30 | 508,6 | 4,82 | 517,2 | 4,65 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 488,4 | 6,06 | 511,5 | 7,01 | 523,5 | 5,51 | 524,0 | 5,80 |
| Nouveau-Brunswick - français | 463,3 | 7,55 | 483,2 | 8,66 | 489,2 | 6,78 | 483,4 | 6,67 |
| Reste du Canada | 508,4 | 3,25 | 533,8 | 2,89 | 543,8 | 2,54 | 549,0 | 2,12 |
Tableau 11
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 506,2 | 4,46 | 506,1 | 3,85 | 498,3 | 4,97 | 487,9 | 4,49 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 514,4 | 5,44 | 514,4 | 5,31 | 519,1 | 4,94 | 504,6 | 5,12 |
| Nouveau-Brunswick - français | 495,2 | 7,45 | 480,1 | 6,92 | 469,8 | 7,85 | 476,3 | 4,82 |
| Reste du Canada | 540,7 | 3,73 | 537,2 | 3,10 | 532,5 | 4,40 | 530,8 | 4,19 |
Tableau 12
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 509,3 | 3,56 | 501,7 | 3,39 | 499,6 | 4,25 | 495,4 | 4,87 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 520,6 | 4,68 | 513,9 | 4,39 | 512,5 | 5,39 | 498,1 | 6,20 |
| Nouveau-Brunswick - français | 487,0 | 4,30 | 479,0 | 5,23 | 458,2 | 6,66 | 479,2 | 7,60 |
| Reste du Canada | 534,2 | 3,03 | 536,4 | 2,98 | 538,6 | 4,55 | 538,4 | 3,45 |
Tableau 13
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 513,7 | 4,46 | 502,7 | 4,56 | 504,2 | 4,93 | 498,8 | 4,48 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 522,8 | 5,14 | 521,6 | 5,37 | 511,5 | 5,87 | 502,8 | 4,97 |
| Nouveau-Brunswick - français | 471,9 | 9,65 | 452,9 | 9,29 | 492,5 | 6,79 | 472,5 | 7,41 |
| Reste du Canada | 540,1 | 3,72 | 539,0 | 2,97 | 533,0 | 2,33 | 531,3 | 5,50 |
Tableau 14
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 489,5 | 4,90 | 496,9 | 4,37 | 504,6 | 4,64 | 514,4 | 4,30 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 508,6 | 5,16 | 504,1 | 5,54 | 524,3 | 6,12 | 509,8 | 5,74 |
| Nouveau-Brunswick - français | 463,3 | 9,28 | 455,5 | 8,63 | 494,8 | 6,52 | 481,2 | 8,28 |
| Reste du Canada | 522,7 | 5,56 | 533,0 | 2,50 | 537,1 | 3,53 | 553,6 | 3,34 |
Tableau 15
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 470,6 | 4,61 | 504,0 | 4,01 | 517,9 | 3,83 | 513,0 | 5,49 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 478,3 | 5,85 | 510,8 | 4,92 | 532,3 | 3,88 | 528,7 | 3,74 |
| Nouveau-Brunswick - français | 499,3 | 7,63 | 488,2 | 6,58 | 484,5 | 6,82 | 485,8 | 6,55 |
| Reste du Canada | 506,6 | 2,53 | 533,7 | 1,95 | 549,5 | 2,36 | 544,9 | 2,11 |
Tableau 16
| 1er quartile |
Erreur type |
2e quartile |
Erreur type |
3e quartile |
Erreur type |
4e quartile |
Erreur type |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveau-Brunswick | 504,8 | 3,96 | 505,1 | 4,46 | 506,0 | 5,24 | 501,5 | 4,19 |
| Nouveau-Brunswick - anglais | 511,2 | 6,09 | 517,5 | 6,79 | 517,8 | 6,30 | 513,1 | 4,76 |
| Nouveau-Brunswick - français | 493,9 | 8,05 | 480,9 | 7,86 | 475,2 | 4,73 | 437,9 | 5,62 |
| Reste du Canada | 545,1 | 2,98 | 543,4 | 2,31 | 541,9 | 2,59 | 526,0 | 2,17 |