Gouvernement du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Le cheminement scolaire des jeunes du Nouveau-Brunswick: incidence de l'accès aux services de planification de carrière et de la participation des parents à l'apprentissage

Volet du Programme de recherche sur l'éducation postsecondaire et de formation au Nouveau-Brunswick

Rapport #7

Le 14 mars 2008

par
Tomasz Gluszynski, Direction générale de la politique sur l'apprentissage, Politique stratégique et Recherche, Ressources humaines et Développement social Canada

En collaboration avec
le ministère de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail le ministre de l'Éducation

Remerciements

Ce rapport est un projet conjoint réalisé en vertu d'un protocole d'entente sur la recherche conclu entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et la Direction de la politique sur l'apprentissage, Ressources humaines et Développement social Canada. Aux termes de cette entente, les deux parties entreprennent en étroite collaboration des projets de recherche mutuellement avantageux dans le domaine de l'apprentissage. Ce rapport est le premier à paraître dans le cadre de l'entente.

L'auteur aimerait souligner la collaboration de Justin Bayard, de la Direction de la politique sur l'apprentissage de Ressources humaines et Développement social Canada, à la préparation du présent rapport.

1.0 Introduction

Au Canada, l'éducation postsecondaire est devenue un élément indispensable à la réussite de la transition vers le marché du travail. Parmi les nombreux avantages reliés à l'obtention d'un diplôme d'études postsecondaires, on remarque notamment les faibles taux de chômage à court et à long termes, une plus grande stabilité d'emploi et des revenus plus élevés. Au niveau social, les travailleurs qui détiennent un diplôme d'études postsecondaires font preuve d'une plus grande productivité, d'une moins grande dépendance à l'aide sociale et d'un plus fort engagement civique. La décision de poursuivre des études postsecondaires est un choix individuel qui repose sur une gamme de facteurs. Deux des principaux facteurs pouvant influer sur ce choix sont la participation des parents à la scolarisation des élèves et les conseils qu'ils leur fournissent pour les aider à prendre une décision en vue de leur future carrière. Ces éléments contribuent à aider les élèves à déterminer le type d'études postsecondaires qui correspond à leur choix de carrière.

Le présent rapport avait les objectifs suivants :

1) définir la mesure dans laquelle les élèves du Nouveau-Brunswick ont tiré parti des services d'orientation professionnelle;

2) définir dans quelle mesure les parents des élèves du Nouveau-Brunswick ont contribué à l'éducation de leurs enfants;

3) mesurer l'étendue de l'orientation scolaire et ses effets sur la décision de poursuivre des études postsecondaires;

4) mesurer l'étendue de la participation des parents aux études et ses effets sur la décision de poursuivre des études postsecondaires.

Le rapport est structuré de la façon suivante : la Section 2 contient une description des données utilisées pour produire ce rapport; la Section 3 décrit les cheminements transitionnels des jeunes du Nouveau-Brunswick entre les études et le marché du travail; la Section 4 mesure l'accès àl'orientation scolaire; la Section 5 décrit le niveau de la participation des parents aux décisions prises par les élèves à propos de leurs études; la Section 6 comporte les analyses à plusieurs variables utilisées pour mesurer l'incidence de l'orientation scolaire et de la participation des parents sur les décisions portant sur la poursuite d'études postsecondaires; enfin, la Section 7 porte sur l'analyse des résultats de l'étude.

2.0 Données

La présente étude porte sur les données provenant des trois premiers cycles de l'Enquête auprès des jeunes en transition (EJET). L'EJET est une étude longitudinale qui a permis de recueillir sur deux ans des données auprès des mêmes répondants de l'échantillon. L'étude a été effectuée pour la première fois en 2000 avec deux groupes de répondants : les jeunes de 15 ans et les 18 à 20 ans. À cette époque, le groupe le plus jeune a également rempli une évaluation des compétences dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'OCDE. Mise à part la Section 3 du présent rapport, qui porte sur des données provenant de la cohorte la plus âgée (entre 18 et 20 ans en 2000), le rapport repose sur des analyses de la cohorte la plus jeune.

L'EJET a été spécifiquement conçue pour mesurer les cheminements transitionnels entre les études et le marché du travail. Dans le cas de la cohorte la plus jeune, l'enquête a également recueilli des informations sur les parents des étudiants. Cette formule unique facilite beaucoup l'analyse des effets de l'orientation scolaire et de la participation parentale sur la poursuite d'études postsecondaires.

Le Nouveau-Brunswick avait, en 2000, l'un des plus importants échantillons provinciaux au pays, puisque près de 3 000 élèves âgés de 15 ans et leurs parents ont été évalués et interrogés dans le cadre du PISA-EJET. Depuis lors, trois cycles d'enquêtes téléphoniques de suivi ont été effectués auprès des élèves, et un quatrième cycle a été amorcé au début de 2008.

  Cycle 1
15 ans
Cycle 2
17 ans
Cycle 3
19 ans
Cycle 4
21 ans
2000 2002 2004 2006
NB
Anglais
1,813 1,639 1,357 1,158
NB
Francais
1,150 881 762 629

3.0 Cheminements liés aux études et au marché du travail

Les cheminements liés aux études et au marché du travail sont complexes. Ils peuvent être de nature linéaire, c'est-à-dire qu'un élève passe au niveau postsecondaire immédiatement après l'école secondaire, et entre ensuite sur le marché du travail. Toutefois, pour une grande partie de la population, l'approche n'est pas linéaire. L'éducation postsecondaire et le moment où elle se déroule peuvent modifier le cheminement de l' élève.

Le fait de veiller à ce que les élèves choisissent les cheminements les plus rentables entre les études et le marché du travail présente des avantages tant pour eux-mêmes que pour la société. Au niveau personnel, un cheminement efficient peut permettre d'augmenter les revenus futurs et de réduire les coûts potentiels associés à la poursuite d'études postsecondaires. Au niveau social, il accroît la productivité et réduit également le coût social associé à la prestation d'études postsecondaires. Par conséquent, les écoles et les parents peuvent jouer un rôle clé dans le choix des cheminements.

La Figure 3.1 présente les divers cheminements scolaires et sur le marché du travail empruntés par les jeunes du Nouveau-Brunswick. Elle les compare également à ceux du reste du Canada. À l'âge de 18 à 20 ans en 2000, 56 % des jeunes du Nouveau-Brunswick étaient aux études (soit au secondaire ou à un niveau postsecondaire). Le tiers d'entre eux travaillaient, et près de 12 % étaient inactifs, c'est-à-dire ni aux études ni au travail. Deux ans plus tard, il apparaissait des cheminements non linéaires. Par exemple, sur les 32,3 % de jeunes qui n'étaient pas études mais qui travaillaient, près de 6 points étaient retournés aux études et 20,3 points étaient demeurés dans la même situation, mais 6,1 points étaient devenus inactifs.

Figure 3.1 Cheminements liés aux études et aux marché du travail entre 2000 et 2002 — Nouveau-Brunswick/reste du Canada (%)

Figure 3.1 Cheminements liés aux études et au marché du travail entre 2000 et 2002 — Nouveau-Brunswick/reste du Canada (%)
Cliquez ici pour agrandir

Nous observons des résultats très semblables entre les jeunes du Nouveau-Brunswick et ceux du reste du Canada. La seule exception non négligeable est le pourcentage supérieur de jeunes du Nouveau-Brunswick qui, en 2000, n'étaient ni aux études ni au travail et qui avaient commencé à travailler deux ans plus tard (6,1 points comparativement à 3,1 points pour le reste du Canada).

La Figure 3.2 présente les particularités des cheminements liés aux études et au marché du travail et leur nature souvent non linéaire. Le pourcentage de jeunes aux études en 2004 était moins élevé au Nouveau-Brunswick (23,9 %) que dans le reste du Canada (31,6 %).

Figure 3.2 Situation par rapport à l'école au marché du travail en 2004 — Nouveau-Brunswick/reste du Canada (%)

Figure 3.2 Situation par rapport à l'école et au marché du travail en 2004 — Nouveau-Brunswick/reste du Canada (%)
Cliquez ici pour agrandir

4.0 Accès à l'orientation scolaire et à la planification des études

Veiller à ce que les élèves aient en main les bonnes informations à propos de leur avenir scolaire et leur choix de carrières possibles constitue l'une des façons de créer un cheminement efficient entre les études et le marché du travail. Les services d'orientation scolaire constituent l'une des façons d'offrir aux étudiants ces informations. Nous examinons ici l'influence de l'orientation professionnelle sur la planification scolaire.

Près des trois quarts des étudiants de 15 ans au Nouveau-Brunswick ont admis qu'ils connaissaient suffisamment les différents types de professions pour prendre une décision éclairée au sujet de leur avenir (Figure 4.1). Ce pourcentage est très semblable à celui des étudiants de 15 ans du reste du Canada. Le niveau de confiance était très semblable dans l'ensemble des groupes analysés (garçons, filles, élèves francophones et élèves anglophones).

Figure 4.1

Figure 4.1 Je connais suffisamment les différents domaines de travail qui existent pour être capable de faire un choix
Cliquez ici pour agrandir

Étant donné la forte proportion de répondants d'accord sur l'énoncé selon lequel ils avaient suffisamment d'information pour prendre une décision éclairée à propos de leur profession future, nous nous sommes penchés sur la source d'information.

Un total de 38,9 % des élèves du Nouveau-Brunswick ont déclaré qu'ils avaient parlé à leurs enseignants de leur choix de carrière après la fin de leurs études (Figure 4.2). Ce pourcentage est très proche de celui du reste du Canada. Toutefois, on observe d'importantes différences entre les garçons et les filles, et entre les élèves anglophones et francophones. Il y a 10 % plus de filles (40,9 %) que de garçons (31,1 %) qui ont parlé de leur avenir avec leurs enseignants. Les élèves du Nouveau-Brunswick anglophones sont plus de deux fois plus nombreux (44,5 %) que les francophones (18,2 %) à avoir parlé de leur future carrière avec leurs enseignants. Par rapport aux autres sources d'orientation professionnelle, les enseignants sont ceux qui ont été consultés le plus souvent.

Figure 4.2

Figure 4.2 J'ai parlé à un enseignant pour obtenir de l'information à propos d'un poste qui pourrait m'intéresser à la fin de mes études
Cliquez ici pour agrandir

Les conseillers en orientation constituent une autre source éventuelle d'information en matière de choix de carrière. Toutefois, un faible pourcentage d'élèves ont eu recours à ces services de recherche professionnels. Moins du tiers des jeunes de 15 ans du Nouveau-Brunswick ont utilisé cette ressource (Figure 4.3). On observe un résultat très similaire dans le reste du Canada. Il n'y a pas de différence entre les élèves anglophones et francophones (à peu près 31 % chacun). Toutefois, les garçons ont été beaucoup moins nombreux que les filles (25,3 % et 36,7 % respectivement) à recourir aux services d'orientation professionnelle en milieu scolaire.

Figure 4.3

Figure 4.3 J'ai parlé à un conseiller scolaire pour obtenir de l'information à propos d'un emploi qui pourrait m'intéresser à la fin de mes études
Cliquez ici pour agrandir

La dernière source d'information professionnelle à avoir été analysée, ce sont les services d'orientation à l'extérieur du milieu scolaire. Les résultats montrent que ce genre de service a été le moins utilisé puisqu'il n'y a qu'environ 5 % des élèves du Nouveau-Brunswick qui y ont eu recours (Figure 4.4). Ce pourcentage est semblable ailleurs au Canada et à peu près le même dans l'ensemble des groupes d'élèves analysés.

Figure 4.4

Figure 4.4 J'ai parlé à un conseiller à l'extérieur de l'école pour obtenir de l'information à propos d'un emploi qui pourrait m'intéresser à la fin de mes études
Cliquez ici pour agrandir

Pour mesurer l'accès général à des services d'orientation professionnelle, nous avons combiné ces trois sources (enseignants, conseillers en milieu scolaire et conseillers à l'extérieur du milieu scolaire). Les résultats ont montré que la moitié des jeunes de 15 ans du Nouveau-Brunswick avaient eu recours à au moins un d'entre eux (Figure 4.5). Cette statistique n'est pas différente du reste du Canada. Un plus grand pourcentage de filles (57,4 %) que de garçons (42,6 %) et un pourcentage plus élevé d'élèves anglophones (55,2 %) que d'élèves francophones (40,1 %) ont eu recours à ces services.

Figure 4.5

Figure 4.5 Accès aux services d'orientation professionnelle
Cliquez ici pour agrandir

Outre les services d'orientation à propos de carrières ou d'emplois futurs, plusieurs choix de cours étaient offerts aux élèves du secondaire pour leur donner une expérience professionnelle pratique. De telles expériences pourraient fournir de l'information utile aux choix de carrières.

La participation à des cours où les élèves passaient du temps chez un employeur n'était pas élevée au Nouveau-Brunswick ni ailleurs au Canada, le taux de participation s'établissant à un élève de 15 ans sur dix (Figure 4.6). Nous n'avons pas remarqué de différence appréciable parmi les sous-groupes d'élève analysés.

Figure 4.6

J'ai suivi un cours à l'école où j'ai passé du temps avec un employeur
Cliquez ici pour agrandir

5.0 Participation des parents et planification des études

La participation des parents à l'éducation des enfants est essentielle à une scolarisation réussie. Non seulement fournissent-ils le matériel scolaire, mais ils peuvent fournir un appui moral à leurs enfants. Ils peuvent aussi les encourager à choisir les meilleurs cheminements entre les études et le marché du travail pour favoriser leur réussite plus tard sur le marché du travail.

Les résultats sont très clairs en ce qui a trait à l'importance de l'éducation pour les parents des élèves du Nouveau-Brunswick. Une vaste majorité d'entre eux (88,5 %) ont déclaré qu'il était très important pour eux que leurs enfants obtiennent un diplôme d'études postsecondaires (Figure 5.1). Ces résultats reflètent ceux du reste du Canada (87,5 %). On n'a pas observé de différence dans l'importance de l'éducation chez les parents des élèves de toutes les catégories analysées.

Figure 5.1

Figure 5.1 Jusqu'à quel point est-il important pour vous que votre enfant obtienne plus d'éducation après le secondaire?
Cliquez ici pour agrandir

Le haut niveau d'importance qu'accordent les parents à la scolarisation est également semblable à leurs attentes sur le plan de l'éducation de leurs enfants. Seulement un faible pourcentage (3,5 %) des parents des élèves du Nouveau-Brunswick voulaient que leurs enfants obtiennent des études secondaires ou moins (Figure 5.2). Une majorité de parents (61,3 %) s'attendaient à ce que leurs enfants terminent des études universitaires ou supérieures, un résultat semblable à celui du reste du Canada. Il y avait plus de parents de filles que de parents de garçons qui visaient des études universitaires pour leurs enfants (66,2 % et 56 % respectivement). Toutefois, les parents s'attendaient à ce qu'un plus grand nombre de garçons que de filles terminent des études collégiales ou un programme de formation professionnelle. Les parents d'élèves anglophones étaient plus nombreux que les parents d'élèves francophones à s'attendre à ce que leurs enfants terminent des études universitaires (64 % et 55,1 % respectivement). Comme dans le cas des garçons, un plus grand nombre d'élèves francophones (28,4 %) que d'élèves anglophones (21,6 %) optaient pour les études collégiales ou la formation professionnelle.

Figure 5.2

Figure 5.2 Quel est le plus haut niveau de scolarité que vous souhaiteriez que votre enfant atteigne?
Cliquez ici pour agrandir

La participation des parents à la scolarisation des enfants peut se produire de différentes façons. Elle peut être aussi simple qu'une conversation sur les expériences scolaires et de l'aide dans les travaux, ou encore rester en contact avec les enseignants des enfants. Dans quelle mesure les parents participaient-ils à la scolarisation des élèves de 15 ans en 2000?

Une majorité de parents de jeunes de 15 ans du Nouveau-Brunswick ont déclaré qu'ils parlaient tous les jours avec leurs enfants de leurs expériences scolaires (Figure 5.3). Un pourcentage de parents de filles légèrement supérieur au pourcentage de parents de garçons ont déclaré ce genre de conversation (58,7 % et 52,5 % respectivement). On a également observé une différence parmi les parents d'élèves lèves anglophones et francophones, 11,4 % plus de parents d'élèves anglophones ayant déclaré avoir parlé tous les jours de l'expérience scolaire de leurs enfants.

Figure 5.3

Figure 5.3 Cette année scolaire, combien de fois avez-vous (ou votre conjoint) parlé à votre enfant de ses expériences à l'école?
Cliquez ici pour agrandir

La discussion sur les travaux scolaires est un autre moyen que peuvent prendre les parents pour contribuer à la scolarisation de leurs enfants. Une majorité de parents du Nouveau-Brunswick ont déclaré qu'ils le faisaient tous les jours (Figure 5.4), soit un peu plus qu'ailleurs au Canada. Bien qu'on n'observe pas de différence entre les parents des garçons et des filles, un plus grand nombre de parents d'élèves anglophones (65,8 %) que d'élèves francophones (48,1 %) déclarent qu'ils participent tous les jours aux travaux scolaires de leurs enfants.

Figure 5.4

Figure 5.4 Cette année scolaire, combien de fois avez-vous (ou votre conjoint) discuté des travaux scolaires de votre enfant?
Cliquez ici pour agrandir

L'interaction des parents avec les enseignants de leurs enfants peut être ambiguë (raisons positives ou négatives associées à l'éducation de leur enfant). D'une part, cela peut indiquer un niveau élevé de participation, tel que du bénévolat, à des activités parascolaires ou à des rencontres parent-enseignant. D'autre part, cette interaction peut être le résultat de difficultés scolaires ou de problèmes de comportement.

Quoi qu'il en soit, un plus grand pourcentage de parents du Nouveau-Brunswick qu'ailleurs au Canada déclarent qu'ils connaissent un ou plusieurs enseignants de leurs enfants (55,3 % et 43,9 % respectivement). Aucune différence significative n'est observée parmi les sous-groupes analysés.

Figure 5.5

Figure 5.5 Dans quelle mesure connaissez-vous les personnes suivantes? Un ou plusieurs professeurs de votre enfant?
Cliquez ici pour agrandir

6.0 Analyses multivariées

Jusqu'à présent, les résultats des analyses à deux variables démontraient que l'accès à l'orientation scolaire et la participation des parents avaient un lien avec les choix de carrière et la poursuite des études. Cependant, ces résultats n'examinaient pas les conséquences des autres facteurs qui peuvent influer sur les cheminements des élèves liés aux études et au marché du travail. Dans la présente section, en tenant compte de l'accès à l'orientation scolaire et de la participation des parents à l'éducation des enfants, il est question des résultats d'analyses multivariées. Étant donné que les données employées étaient longitudinales, l'information sur l'orientation scolaire et la participation des parents dans le cas des élèves de 15 ans a été utilisée pour expliquer la participation des élèves au cycle postsecondaire à l'âge de 19 ans (Tableau 6.1).

Une régression logistique a servi à analyser l'impact de variables clés sur la décision des jeunes de 15 ans en 2000 de poursuivre ou de ne pas poursuivre une forme quelconque d'études postsecondaires en 2004.

Dans les analyses à plusieurs variables, deux modèles ont servi à mesurer les effets de l'orientation scolaire et de la participation des parents sur les décisions des élèves de poursuivre des études postsecondaires. Le premier modèle analyse les effets globaux de l'accès à l'orientation liée à la carrière à l'âge de 15 ans et de la participation globale des parents à l'éducation des enfants sur la participation à des études postsecondaires quatre ans plus tard. Le second modèle analyse des types plus détaillés d'orientation professionnelle et de participation des parents reliés à l'éducation postsecondaire à l'âge de 19 ans. Les deux modèles utilisent la même série de variables de contrôle (sexe, niveaux de compétence en lecture selon le PISA et situation socioéconomique).

Les résultats présentés au tableau 6.1 révèlent que les filles sont beaucoup plus nombreuses à poursuivre des études postsecondaires. Indépendamment du modèle utilisé, les filles du Nouveau-Brunswick étaient de 60 % à 71 % plus portées à poursuivre des études postsecondaires. Les filles du reste du Canada affichent des résultats très similaires.

Le premier modèle à étudier l'effet des niveaux généraux de communication entre les enfants et les parents sur leur expérience scolaire sur la participation aux études postsecondaires n'a pas donné de résultats significatifs. Cela veut dire que les conversations peu fréquentes sur l'expérience scolaire (une fois par mois ou moins) n'ont pas influé sur les chances que les enfants prennent part à des études postsecondaires. Les résultats non significatifs sont fort probablement attribuables à la petite taille de l'échantillon dans la catégorie des conversations peu fréquentes, combinée aux résultats significatifs obtenus ailleurs au Canada. Pour ce qui est des élèves de l'extérieur du Nouveau-Brunswick, les communications peu fréquentes entre les parents et les enfants sur l'expérience scolaire réduisaient de 15 % les probabilités de participation à des études postsecondaires. Une fois de plus, probablement à cause de la petite taille des échantillons, les résultats du modèle 2, qui analyse plus en détail la fréquence des conversations avec les parents sur l'expérience scolaire, n'ont pas non plus donné de résultats significatifs au Nouveau-Brunswick.

Les conversations entre les parents et les enfants au sujet des travaux scolaires n'ont pas donné de résultats significatifs ni au modèle 1 ni au modèle 2, tant pour le Nouveau-Brunswick que pour le reste du Canada. Une fois de plus, cette statistique s'explique peut-être par la faible taille des échantillons dans les catégories des conversations peu fréquentes.

Les résultats ont montré des effets significatifs des services d'orientation professionnelle sur la participation subséquente à des études postsecondaires. Dans le modèle 1, les élèves du Nouveau-Brunswick qui déclarent avoir eu recours à des services d'orientation professionnelle avaient 52 % plus de chances de poursuivre des études postsecondaires à 19 ans. Il s'agit d'un pourcentage supérieur à celui enregistré dans le reste du Canada, où il s'établissait à 22 %.

L'analyse des sources plus détaillées d'orientation professionnelle aux élèves du N-B révèle que l'accès aux services d'orientation en milieu scolaire augmentait leurs chances de poursuivre des études postsecondaires de 38 %. Bien que la communication avec les enseignants eût été la source d'orientation professionnelle mentionnée le plus souvent, elle n'a pas d'effet significatif sur la participation à des études postsecondaires. Le reste du Canada montre des résultats assez similaires.

Il est bien prouvé que la situation socioéconomique est une bonne variable explicative de la participation à des études postsecondaires. C'est le cas dans les deux modèles. Toutefois, au N-B, la situation socioéconomique de la famille de l'élève avait un effet beaucoup plus important sur sa participation. Par exemple, dans le modèle 1, une augmentation d'un écart-type de la situation socioéconomique entraînait une hausse de 547 % des chances de poursuivre des études postsecondaires, un taux bien supérieur à celui de 334 % affiché ailleurs au Canada.

Les compétences en lecture telles que mesurées par le PISA influaient également beaucoup sur la participation à des études postsecondaires. Les élèves du N-B qui se classaient aux niveaux les plus hauts (niveau 3 et plus) à 15 ans étaient 335 % (modèle 1) plus susceptibles d'avoir poursuivi des études postsecondaires à l'âge de 19 ans. Les résultats sont semblables dans le reste du Canada. Toutefois, moins du tiers des élèves du N-B ont déclaré avoir tiré parti de cette ressource.

7.0 Conclusions

Obtenir de l'information à propos de ses futures possibilités d'emploi peut constituer un facteur clé dans la décision de poursuivre ou non des études postsecondaires. De plus en plus, le marché du travail canadien a besoin de travailleurs hautement qualifiés. Les travailleurs qui possèdent ces qualifications sont récompensés en conséquence par des taux d'emploi plus substantiels, une plus grande stabilité professionnelle et des salaires plus élevés. Un travailleur hautement qualifié a généralement besoin d'études postsecondaires. Il est donc primordial de veiller à ce que tous les élèves qui en sont capables prennent la décision de poursuivre des études postsecondaires, pour pouvoir contribuer plus tard à la compétitivité et à la prospérité du Canada.

La bonne information et les bons encouragements contribuent beaucoup à aider les élèves à se décider à poursuivre des études postsecondaires. Les parents et les services d'orientation offerts en milieu scolaire ou non figurent parmi une longue liste de sources d'où cette information peut être obtenue. Dans ce contexte, les deux principaux objectifs du présent rapport étaient de :

1) définir la mesure dans laquelle les élèves du Nouveau-Brunswick ont tiré parti des services d'orientation professionnelle;

2) définir dans quelle mesure les parents des élèves du Nouveau-Brunswick ont contribué à l'éducation de leurs enfants;

3) mesurer l'étendue de l'orientation scolaire et ses effets sur la décision de poursuivre des études postsecondaires;

4) mesurer l'étendue de la participation parentale aux études et ses effets sur la décision de poursuivre des études postsecondaires.

En général, à peu près la moitié des élèves du Nouveau-Brunswick déclarent qu'ils ont eu recours à des services d'orientation professionnelle à l'âge de 15 ans. Les enseignants constituent l'option la plus populaire, les services d'orientation en milieu scolaire arrivant au deuxième rang. Les filles étaient plus nombreuses que les garçons à recourir à l'un ou l'autre des services d'orientation. Un plus grand nombre d'élèves anglophones que d'élèves francophones ont eu recours à ces services d'orientation.

Les parents des élèves du Nouveau-Brunswick participaient autant à la scolarisation de leurs enfants que les parents du reste du Canada. Ils montraient également de très hautes attentes en matière d'éducation pour leurs enfants. Un plus grand nombre de parents de filles et d'élèves anglophones voulaient que leurs enfants terminent des études universitaires, tandis qu'un pourcentage supérieur de parents de garçons et de francophones optaient pour les études collégiales ou la formation professionnelle.

Une analyse multivariée révèle que le fait d'être une femme, d'être issu d'une famille dont la situation socioéconomique est favorable et de montrer des compétences supérieures en lecture à 15 ans augmente la probabilité de participation à des études postsecondaires à 19 ans. La fréquence et le type de participation des parents à la scolarisation des enfants n'ont pas d'effet significatif sur la participation à des études postsecondaires. Cela est vrai au Nouveau-Brunswick et ailleurs au Canada.

L'accès à des services d'orientation professionnelle augmentait effectivement les probabilités de participation à des EPS, tant au Nouveau-Brunswick qu'ailleurs au Canada. Pour ce qui est des sources de services d'orientation, les services d'orientation professionnelle en milieu scolaire sont les seuls à avoir un effet positif significatif. Sur ces facteurs, les compétences en lecture à l'âge de 15 ans et la situation socioéconomique de la famille sont ceux qui avaient de loin la plus grande incidence sur la participation à des études postsecondaires.

Annexe A: Analyses à deux variables

Tableau 4.1 — Je connais suffisamment les différents domaines de travail qui existent pour être capable de faire un choix pour mon avenir ( %)

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
D'accord tout à fait d'accord 73,4 70,5 72,3 75,8 71,6 74,9
En désaccord/tout à fait en désaccord 26,6 29,5 27,7 24,2 28,4 25,1

Tableau 4.2 — J'ai parlé à un professeur pour obtenir de l'information à propos d'un poste qui pourrait m'intéresser à la fin de mes études ( %)

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Oui 36,3 38,9 44,5 18,2 31,1 40,9
Non 63,7 61,1 55,5 81,8 68,9 59,1

Tableau 4.3 — J'ai parlé à un conseiller scolaire pour obtenir de l'information à propos d'un emploi qui pourrait m'intéresser

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Oui 31,4 31,2 31,4 31,5 25,3 36,7
Non 68,6 68,8 68,6 68,5 74,7 63,3

Tableau 4.4 — J'ai parlé à un conseiller à l'extérieur de l'école pour obtenir de l'information à propos d'un emploi qui pourrait m'intéresser à la fin de mes études ( %)

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Oui 5,1 4,6 5,4 4,3 5,1 5,1
Non 94,9 95,4 94,6 95,7 94,9 94,5

Tableau 4.5 — Accès combiné aux services d'orientation professionnelle( %)

Nouveau-Brunswick 50,50
Reste du Canada 52,90
N.-B. — anglais 55,20
N.-B. — français 40,10
N.-B. — garçons 42,60
N.-B. — filles 57,40

Tableau 4.6 — J'ai suivi un cours à l'école où j'ai passé du temps avec un employeur ( %)

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Oui 11,5 10,6 11,1 12,6 13,5 9,9
Non 88,5 89,4 88,9 87,4 86,5 90,1

Tableau 5.1 — Jusqu'à quel point est-il important pour vous que votre enfant obtienne plus d'éducation après le secondaire? (%)

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Un peu important ou moins 11,5 12,5 10,3 14,2 12,6 10,6
Très important 88,5 87,5 89,7 85,8 87,4 89,4

Tableau 5.2 — Quel est le plus haut niveau de scolarité que vous souhaiteriez que votre enfant atteigne? (%)

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Secondaire ou moins 3,5 3,2 3,4 3,7 3,8 3,2
Collégial ou formation professionnelle 23,7 25,9 21,6 28,4 29,3 18,4
Universitaire ou plus 61,3 64 64 55,1 56 66,2
Tout programme d'études postsecondaires 11,6 6,9 11 12,8 10,9 12,2

Figure 5.3 — Cette année scolaire, combien de fois avez-vous (ou votre conjoint) parlé à votre enfant de ses expériences à

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Tous les mois ou moins 9,4 9,5 8,7 10,9 9,4 9,4
Toutes les semaines 34,8 33,5 32 41,2 38,1 31,8
Tous les jours 55,7 57 59,3 47,9 52,5 58,7

Figure 5.4 — Cette année scolaire, combien de fois avez-vous (ou votre conjoint) discuté de travaux scolaires avec votre

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Tous les mois ou moins 8,5 10,4 6,8 12,1 9,1 7,9
Toutes les semaines 31,4 35,5 27,6 39,8 29,3 33,4
Tous les jours 60,1 54,1 65,6 48,1 61,6 58,8

Figure 5.5 — Dans quelle mesure connaissez-vous les personnes suivantes? Un ou plusieurs professeurs de votre enfant ( %)

  Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick - anglais Nouveau-Brunswick - français Nouveau-Brunswick - garçons Nouveau-Brunswick - filles
Pas du tout ou pas très bien 44,6 56,1 43,5 47,1 45,5 43,8
Assez bien ou très bien 55,4 43,9 56,5 52,9 54,5 56,2

Annexe B: Analyses multivariées

Tableau 6.1 Résultats d'une régression logistique

  Modèle 1 Modèle 2
Variable Nouveau-Brunswick Reste du Canada Nouveau-Brunswick Reste du Canada
Constante 0,76*
(0,151)
0,76***
(0,066)
0,77
(0,199)
0,73***
(0,081)
Sexe (féminin) 1,60***
(0,052)
1,72***
(0,125)
1,71***
(0,127)
1,59***
(0,054)
Parle à l'enfant des expériences scolaires (toutes les semaines)     BASE BASE
Parle à l'enfant des expériences scolaires (pas cette année)     0,5
(2,39)
1,04
(0,435)
Parle à l'enfant des expériences scolaires (moins que tous les mois)     0,9
(1,225)
0,73
(0,227)
Parle à l'enfant des expériences scolaires (tous les mois)     0,92
(0,279)
0,92
(0,111)
Parle à l'enfant des expériences scolaires (tous les jours)     1,18
(0,142)
1,11**
(0,054)
Parle à l'enfant des expériences scolaires (tous les mois ou moins) 0,82
(0,239)
0,85*
(0,089)
   
Parle à l'enfant des expériences scolaires (toutes les semaines ou plus) BASE BASE    
Parle à l'enfant des expériences scolaires (toutes les semaines)     BASE BASE
Parle à l'enfant des travaux scolaires (pas cette année)     0,4
(1,573)
0,72
(0,25)
Parle à l'enfant des travaux scolaires (moins que tous les mois)     1,21
(0,298)
1,21*
(0,094)
Parle à l'enfant des travaux scolaires (tous les mois)     1,08
(0,151)
1,04
(0,059)
Parle à l'enfant des travaux scolaires (tous les jours)     0,88
(0,212)
1,06
(0,104)
Parle à l'enfant des travaux scolaires (tous les mois ou moins) 1,06
(0,130)
1,03
(0,051)
   
Parle à l'enfant des travaux scolaires (toutes les semaines ou plus) BASE BASE    
Information sur la carrière provenant d'un conseiller scolaire     1,38**
(0,161)
1,26**
(0,06)
Information sur la carrière provenant d'un conseiller à l'extérieur de l'école     1,04
(0,312)
0,85
(0,135)
Information sur la carrière provenant d'un professeur     1,15
(0,148)
1,02
(0,054)
Aucune orientation sur la carrière ne provenant d'aucune source BASE BASE    
Information sur la carrière provenant de n'importe quelle source d'orientation 1,52***
(0,127)
1,22***
(0,052)
   
Score PISA au niveau 3 ou plus élevé 3,35***
(0,155)
2,98***
(0,065)
3,20***
(0,.161)
2,97***
(0,70)
SSE normalisée 5,47***
(0,257)
3,34***
(0,104)
5,33***
(0,268)
3,29***
(1,07)

* Niveau de signification de 10 %
** Niveau de signification de 5 %
*** Niveau de signification de 1 %